Lettre d’amour qui fait mal

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Depuis que tu es sorti de chez moi en silence, avec toutes ces immondes choses en tête, que tu m’as embrassée si tristement en franchissant la porte, je suis vide. Je ne sais plus ressentir les choses. Je ne sais plus penser non plus. Je suis vide de tout sentiment, et presque rien ne me fait envie. Pas même de prendre de tes nouvelles. Je me sens démunie, impuissante. Incapable de faire quoi que ce soit. Je n’ai pas les mots pour les mettre sur ce que je ressens. Je n’ai pas mal, mais je n’ai pas non plus cette sensation de bien-être. Je ne sais pas ce que je suis. Je crois que je suis perdue. Je ne sais pas si mon cœur t’aime encore, s’il te veut encore, ou s’il veut que tu en sortes, à jamais. Et imaginer que tu sortiras un jour de mon cœur, aujourd’hui, ne me fait rien. Non, ça ne me fait pas mal. Je ne sens pas l’étau se resserrer, comme j’ai pu le sentir il y a quelques jours. Et je m’en veux de ne pas le ressentir. Je m’en veux parce qu’après tous ces mois de lutte pour t’avoir à mes côtés, pour que tu comprennes que je t’aime plus que tout au monde, finalement il est possible que je ne t’aime plus aussi fort que je le dis. Mais peut-être que je t’aime tellement fort que mon cœur est paralysé, comme anesthésié par tout cet amour. Je ne sais plus.

Je ne pensais pas pouvoir dire, ou penser cela un jour, mais j’ai peut-être besoin d’un moment de répit. Peut-être que mon cœur a besoin de journées sans toi pour se rendre compte à nouveau à quel point il est fou de toi. Ou peut-être l’inverse : qu’il en a marre de subir ces continuels coups que tu lui donnes. Peut-être que ça prendra une heure, peut-être un jour, ou deux, ou plus. Ce qui est sûr c’est qu’il m’est souvent arrivé de ne rien ressentir pendant quelques temps –certes pas autant qu’aujourd’hui-  et qu’ensuite je me mette à pleurer pour tout évacuer d’un coup, sans plus comprendre mon état. Et je voudrais me réveiller de cette paralysie, de cet état de brouillard. Il le faut, car je ne sais plus penser, ni dire les choses, ni les écrire. Je voudrais que tu m’aides à me réveiller. Je voudrais que tu sois là avec moi. Qui sait, peut-être que tu me donnerais enfin mes réponses.

Par: edem fiawonou